Dossier XVII · Astronomie & exoplanètes

Atmosphères & Mondes Lointains

Un fil unique à travers la science des exoplanètes : de la physique d'une atmosphère aux télescopes qui la sondent, des Jupiters chauds aux mondes où l'eau, peut-être, coule. Chaque donnée mesurée, vérifiée et sourcée.

« Plus de 6 000 exoplanètes confirmées en 2026 — et derrière chaque point de lumière qui vacille, un monde entier à décrire. »

Ouverture

Au-delà du Soleil, des milliers de mondes.

Une exoplanète, c'est une planète qui tourne autour d'une autre étoile que le Soleil. L'idée est ancienne ; la preuve, récente. Il a fallu attendre 1995 — et une étoile nommée 51 Pegasi — pour en tenir la première autour d'un astre semblable au nôtre. Trente ans plus tard, on en compte plus de six mille, et le rythme ne faiblit pas.

Ce que ces mondes nous ont appris tient en un mot : la diversité. Des géantes de gaz brûlantes collées à leur étoile, des « super-Terres » sans équivalent chez nous, des planètes errantes sans soleil. Et nous savons tout cela presque sans jamais les voir : on les devine au tremblement qu'elles impriment à leur étoile, ou à la goutte de lumière qu'elles lui dérobent en passant devant. Ce dossier suit ce fil — de la physique d'une atmosphère jusqu'aux mondes où, peut-être, l'eau coule.

La physique des atmosphères : ce qui retient un gaz autour d'un monde, et ce qu'il révèle.

Les télescopes au sol et dans l'espace, des vitesses radiales au JWST.

La spectroscopie : lire la composition d'une atmosphère à des années-lumière.

Les familles de mondes : géantes de glace, Jupiters chauds, super-Terres, mondes habitables.

Objectifs pédagogiques

Du gaz retenu par la gravité jusqu'aux biosignatures : la chaîne complète.

La physique

Hydrostatique, loi des gaz parfaits, profil barométrique, effet de serre : les équations qui gouvernent toute atmosphère, de la Terre à WASP-39 b.

Les instruments

HARPS, ESPRESSO, le VLT, Hubble, Kepler, TESS et le télescope spatial James Webb (JWST) : comment on détecte et on caractérise un monde qu'on ne verra jamais de près.

Les mondes

Jupiters chauds, super-Terres, mini-Neptunes, mondes Hycean, planètes vagabondes : la diversité qui dépasse notre Système solaire.

Chapitre 1 · Le socle physique

Les atmosphères planétaires

01

Introduction complète : atmosphères et constitutions planétaires.

1.1 — Définition et nature physique

Une atmosphère planétaire est l'enveloppe gazeuse entourant un corps céleste, retenue par sa force gravitationnelle. Elle forme l'interface entre la surface du corps et le vide spatial. Elle joue un rôle crucial : elle régule la température, et elle maintient des conditions propices à une chimie complexe — potentiellement à la vie.

Rétention gravitationnelle : l'existence d'une atmosphère dépend de la vitesse de libération de la planète () par rapport à l'agitation thermique des molécules de gaz (). Si , l'atmosphère est retenue sur des échelles de temps géologiques.

Explication pourquoi une planète garde son air

Une atmosphère, c'est un équilibre permanent entre deux forces. D'un côté, la gravité de la planète, qui retient les molécules de gaz. De l'autre, la chaleur, qui les agite et cherche à les faire fuir vers l'espace.

Le verdict dépend de deux vitesses : celle qu'il faut atteindre pour échapper à la planète (la vitesse de libération), et celle de l'agitation des molécules, qui grandit avec la température. Un monde petit ou trop chaud — Mars, Mercure — laisse filer son gaz ; un monde massif ou froid le garde des milliards d'années. Et comme les molécules légères, l'hydrogène et l'hélium, sont les plus rapides, ce sont elles qui s'échappent en premier.

Structure verticale : elle est principalement classifiée par son profil thermique, définissant des couches comme la troposphère, la stratosphère, la mésosphère, la thermosphère et l'exosphère.

1.2 — Équations fondamentales

L'équilibre d'une atmosphère repose sur deux piliers physiques majeurs. D'abord la relation fondamentale de l'hydrostatique, ; ensuite la loi des gaz parfaits, . Leur combinaison donne la variation barométrique de la pression avec l'altitude.

Les trois équations de l'atmosphère Statique des fluides

Avec P la pression, z l'altitude, la masse volumique du gaz, g l'accélération de la pesanteur, T la température, M la masse molaire moyenne du mélange et la constante des gaz parfaits. La troisième relation (profil barométrique, à température constante) montre que la pression décroît exponentiellement avec l'altitude — d'autant plus vite que le gaz est lourd.

Atelier interactif · le profil barométrique P(z) = P₀·e^(−z/H)
Survolez la courbe pour lire une altitude
Hauteur d'échelle H = RT/Mg = 8,4 km — l'altitude où la pression chute d'un facteur e ≈ 2,72. Plus le gaz est chaud et léger, plus l'atmosphère est étendue ; plus la gravité est forte, plus elle est tassée. (Vénus : ~92 bar au sol mais une échelle voisine de la Terre ; Titan, glacial et lourd en azote, se tasse sur quelques km.)

1.3 — Composition chimique et structure

Homosphère vs hétérosphère : dans l'homosphère (basse atmosphère), la composition est uniforme grâce au mélange turbulent. Dans l'hétérosphère (haute atmosphère), la diffusion moléculaire et la photolyse induite par le rayonnement solaire font varier la composition selon la masse des molécules.

Ionosphère : région située à haute altitude où le rayonnement solaire (UV, rayons X) ionise les gaz, créant un plasma riche en électrons libres.

1.4 — Importance pour le climat et la vie

Régulation thermique (effet de serre) : les gaz à effet de serre (CO₂, H₂O, CH₄) maintiennent une température de surface supérieure à l'équilibre radiatif. Exemple : sans atmosphère, la Terre aurait ≈ −18 °C contre ≈ +15 °C actuellement.

Protection biologique : la couche d'ozone absorbe les UV nocifs ; l'atmosphère dense agit comme bouclier contre les micrométéoroïdes. Transport d'énergie : la circulation atmosphérique redistribue l'énergie des zones équatoriales vers les pôles.

2 — Comparaison des atmosphères du Système solaire

Terre, Vénus et Mars côte à côte : comparaison de leurs atmosphères
Terre, Vénus, Mars — trois destins atmosphériques : effet de serre extrême sur Vénus, atmosphère perdue sur Mars
Composant principal et pression au sol (valeurs standard)
PlanèteComposant principalPression au sol
TerreN₂ (78 %), O₂ (21 %)1 bar
MarsCO₂ (95,3 %)0,006 bar
VénusCO₂ (96,5 %)92 bar

Sources et références consultées

Météo-France · Université de Bordeaux · Dobrijevic, M. (2020), Introduction à l'étude des atmosphères planétaires · Ministère de la Transition écologique.

Avatar de Provoxys Avatar de Samlepirate
Réalisé par Provoxys avec le soutien de Samlepirate (Atlas)

Chapitre 2 · Les outils d'observation

Les télescopes au sol

02

L'observation au sol reste indispensable, pour deux raisons : la spectroscopie à haute résolution, et le suivi des systèmes exoplanétaires sur le long terme. Son outil-clé, c'est la méthode des vitesses radiales : on mesure le léger « balancement » que la gravité d'une planète imprime à son étoile — un mouvement qu'on lit grâce à l'effet Doppler. La précision de l'instrument est le facteur limitant pour détecter des planètes de plus en plus petites.

Le Very Large Telescope de l'ESO à Paranal, la nuit, sous la Voie lactée
Le VLT de l'ESO au Cerro Paranal (Chili) — quatre télescopes de 8,2 m et leur laser de guidage
Principaux télescopes au sol pour l'exoplanétologie
InstrumentSite / ObservatoireCaractéristiquesRôle
VLTParanal, Chili (ESO)4 télescopes de 8,2 mImagerie directe et analyse atmosphérique
KeckMauna Kea, Hawaï2 télescopes de 10 mVitesses radiales, imagerie haut contraste
SubaruMauna Kea, Hawaï8,2 m avec optique adaptativeImagerie directe de planètes jeunes
Didier Queloz et Michel Mayor devant une coupole de l'ESO à La Silla
Michel Mayor & Didier Queloz — prix Nobel de physique 2019 pour 51 Pegasi b (1995, spectrographe ELODIE), première exoplanète autour d'une étoile de type solaire. Crédit : ESO

La révolution de la précision spectroscopique

HARPS (High Accuracy Radial velocity Planet Searcher) : installé sur le télescope de 3,6 m de l'ESO à La Silla, il a été le premier à atteindre une précision d'environ 1 m/s. Il a permis la découverte de nombreux systèmes multi-planétaires et de super-Terres.

ESPRESSO (Echelle SPectrograph for Rocky Exoplanets and Stable Spectroscopic Observations) : installé au VLT — où il peut même combiner la lumière des quatre télescopes de 8,2 m, soit l'équivalent d'un miroir de 16 m —, il représente ce qui se fait de mieux aujourd'hui. Grâce à sa stabilité thermique et mécanique extrême, il atteint une précision de quelques centimètres par seconde (moins de 25 cm/s démontrés en une nuit). Cette précision permet enfin de détecter des exoplanètes de masse terrestre situées dans la zone habitable de leur étoile — une étape cruciale pour la recherche de biosignatures.

NIRPS (Near-InfraRed Planet Searcher), installé sur le même télescope de 3,6 m que HARPS, en est le jumeau infrarouge : depuis 2024, les deux spectrographes observent simultanément. En lisant les raies du proche infrarouge (≈ 0,97–1,9 µm), NIRPS est taillé pour les petites naines rouges et aide à démêler le vrai signal d'une planète de l'agitation de l'étoile — sur Proxima, il atteint déjà ≈ 77 cm/s.

Concrètement, ces chasseurs ont pesé des mondes que l'on retrouve dans le diagramme masse-rayon : HARPS a débusqué Proxima Centauri b (2016) et Ross 128 b ; ESPRESSO a affiné la masse de Proxima b (à ~26 cm/s près) et, avec HARPS, confirmé la nature rocheuse des planètes de L 98-59 ; au Keck, HIRES avait signé dès 2004 le premier Neptune de faible masse, GJ 436 b. Et en imagerie directe, SPHERE a photographié PDS 70 b et c — deux planètes encore en train de naître dans leur disque.

Atelier interactif · la méthode des vitesses radiales l'étoile « tangue » par effet Doppler
Amplitude mesurée K = 45 m/s. Sur le graphe de droite, la hauteur de la courbe donne K, et le nombre d'oscillations sur l'année donne la fréquence (l'inverse de la période). Augmentez la masse → la courbe grandit ; raccourcissez la période → elle se resserre. Pour repère : HARPS lit ≈ 1 m/s, ESPRESSO ≈ 0,1 m/s — la Terre n'imprime au Soleil que 9 cm/s.

Les fiches ultra-détaillées

L'arsenal au sol ne s'arrête pas là : SPHERE, GRAVITY, HIRES et NIRC2 complètent le tableau, documentés par leurs sources officielles (ESO, Astronomy & Astrophysics, Keck) — l'attirail de l'imagerie directe et de la spectroscopie à haute résolution.

Explication les autres méthodes de détection

Le transit et les vitesses radiales trouvent l'écrasante majorité des exoplanètes, mais deux autres techniques captent ce qu'ils manquent.

L'imagerie directe photographie carrément la planète, en masquant la lumière de l'étoile mille à un million de fois plus brillante (avec un coronographe, ou en combinant plusieurs télescopes comme GRAVITY). Elle ne marche que pour de jeunes géantes, encore chaudes et loin de leur étoile — mais c'est la seule à voir vraiment l'objet. La microlentille gravitationnelle, elle, exploite un mirage : quand une étoile passe devant une autre, sa gravité agit comme une loupe, et une planète autour de la première trahit sa présence par une brève surintensité. C'est la seule méthode capable de débusquer les planètes vagabondes, sans étoile et donc invisibles autrement.

Chapitre 3 · Les outils d'observation

Les télescopes spatiaux & les sondes

03
Le télescope spatial James Webb, en 3D — faites-le pivoter et zoomer : miroir de 6,5 m en 18 segments dorés, bouclier solaire à cinq couches grand comme un terrain de tennis Modèle Sketchfab ↗

Au-dessus de l'atmosphère terrestre, qui brouille et absorbe une partie du rayonnement, les télescopes spatiaux ouvrent des fenêtres entières du spectre. Quatre noms ont fait l'essentiel de la moisson — Hubble, Spitzer, Kepler, TESS — et, au sommet, le JWST.

James Webb (JWST) — l'outil le plus puissant

Le JWST est l'outil le plus puissant pour l'étude des atmosphères exoplanétaires. Architecture : un miroir primaire de 6,5 mètres, composé de 18 segments hexagonaux en béryllium recouverts d'or. Positionnement : le point de Lagrange L2, à 1,5 million de kilomètres de la Terre. Là, un bouclier solaire à cinq couches — grand comme un terrain de tennis — maintient ses instruments à environ 40 kelvins, le froid extrême dont ils ont besoin. Rôle majeur : la spectroscopie de transmission (analyse des molécules atmosphériques comme CO₂, H₂O, CH₄) et l'étude des planètes rocheuses autour des naines rouges.

Cette configuration lui donne une sensibilité environ 10 à 100 fois supérieure à celle de Spitzer dans l'infrarouge — révolutionnant la caractérisation des atmosphères exoplanétaires (détection de CO₂, SO₂, H₂O…).

Avant et autour de Webb : quatre éclaireurs

Le JWST n'arrive pas en terrain vierge. Quatre télescopes lui ont ouvert la voie — l'un en lisant les premières atmosphères, un autre en captant la chaleur des planètes, les deux derniers en les comptant par milliers.

HubbleHubble Space Telescope · NASA / ESAActif depuis 1990
Lancé 24 avril 1990 · Miroir 2,4 m · Orbite terrestre basse (~540 km) · Méthode spectroscopie de transmission

Hubble a ouvert l'ère de la caractérisation des atmosphères : en analysant la lumière stellaire qui filtre à travers l'atmosphère d'une planète en transit, il y identifie les molécules. Ses instruments STIS puis WFC3 y ont lu du sodium, de la vapeur d'eau, du CO₂ et du méthane — et même dressé la carte de température d'un monde entier. Il a posé les méthodes que le JWST pousse aujourd'hui plus loin.

Le fait marquantPremière atmosphère d'exoplanète jamais détectée : le sodium de HD 209458 b, un Jupiter chaud, en 2002 (Charbonneau et al.).
Le télescope spatial Hubble, en 3D — faites-le pivoter et zoomer : miroir de 2,4 m, lancé en 1990, en orbite basse à ~540 km ; c'est lui qui a lu la toute première atmosphère d'exoplanète Modèle Sketchfab · ESO ↗
SpitzerSpitzer Space Telescope · NASA (infrarouge)Retiré en 2020
Lancé 25 août 2003 · Miroir 0,85 m · Orbite héliocentrique (derrière la Terre) · Domaine infrarouge (3,6–160 µm)

Premier instrument à détecter directement la lumière émise par une exoplanète (2005). En mesurant l'émission thermique lors des éclipses secondaires — quand la planète passe derrière son étoile — puis sur des courbes de phase entières, Spitzer a livré les premières cartes de température, la première « carte météo » d'un monde lointain. Devenu indispensable après l'épuisement de son hélium liquide, il a confirmé et chronométré les sept planètes de TRAPPIST-1.

Le fait marquantEn 2017, Spitzer confirme les sept planètes telluriques de TRAPPIST-1 (dont trois en zone tempérée) — le plus grand lot de mondes de la taille de la Terre connu autour d'une seule étoile.
KeplerMission Kepler (puis K2) · NASARetiré en 2018
Lancé 7 mars 2009 · Ouverture 0,95 m (miroir 1,4 m) · Orbite héliocentrique (derrière la Terre) · Méthode transits

Kepler n'avait qu'une tâche : fixer en continu ~150 000 étoiles d'un même champ, entre le Cygne et la Lyre, et guetter la minuscule baisse de lumière d'un transit. En recensant ces passages par dizaines de milliers, il a mesuré statistiquement à quel point les planètes sont fréquentes — établissant qu'il y a plus de planètes que d'étoiles dans la Galaxie, et que les petites planètes rocheuses sont les plus communes.

Le fait marquantPlus de 2 600 exoplanètes confirmées (Kepler + K2), et la découverte de Kepler-186f (2014), première planète de taille terrestre détectée dans la zone habitable de son étoile.
TESSTransiting Exoplanet Survey Satellite · NASAActif depuis 2018
Lancé 18 avril 2018 · Optique 4 caméras (pupille 10,5 cm) · Orbite très elliptique (résonance 2:1 avec la Lune) · Méthode transits

Là où Kepler fixait une seule petite zone, TESS relève presque tout le ciel, secteur par secteur, en visant les étoiles brillantes et proches du Soleil — donc faciles à ré-observer. C'est le pourvoyeur de cibles de l'époque : les meilleures planètes qu'il repère sont ensuite disséquées par le JWST et les grands télescopes au sol.

Le fait marquantPlus de 8 000 candidates (TOI) et environ 900 planètes confirmées (mi-2026) ; sa toute première détection fut pi Mensae c (2018), autour d'une étoile visible à l'œil nu.
Les cinq grands télescopes spatiaux de l'exoplanétologie
TélescopeLancéOuvertureDomaineApport décisif
Hubble19902,4 mVisible · UV · proche IRPremières atmosphères (sodium, eau)
Spitzer20030,85 mInfrarougePremière chaleur & cartes de température
Kepler20090,95 mVisible (photométrie)Statistiques : > 2 600 planètes
TESS20184 × 10,5 cmRouge · proche IRRelevé du ciel, cibles brillantes
JWST20216,5 mInfrarougeComposition fine des atmosphères

Les sondes du Système solaire

À ce panorama s'ajoutent les grandes sondes — MESSENGER (Mercure), BepiColombo, Voyager, Juno (Jupiter), Cassini-Huygens (Saturne et Titan), New Horizons (Pluton, Arrokoth) et Perseverance (Mars) — avec dates, masse, instruments, propulsion, communication et résultats. Autant de laboratoires in situ qui calibrent ce que les télescopes lisent de loin.

Chapitre 4 · Méthodes avancées

Lire une atmosphère : la spectroscopie

04

Méthodes avancées d'analyse des atmosphères exoplanétaires.

L'analyse des exoplanètes repose sur la décomposition de la lumière lors de leur transit ou de leur éclipse.

Explication qu'est-ce qu'un spectre ?

Décomposer la lumière, c'est l'étaler selon sa couleur — comme un arc-en-ciel — du bleu (les ondes courtes) au rouge, puis à l'infrarouge (les ondes longues). Cet étalement, c'est un spectre.

Or chaque molécule absorbe la lumière à des couleurs bien précises, et à elles seules. Là où elle est présente, le spectre montre un creux — une raie d'absorption. L'ensemble de ces creux forme une véritable signature chimique : en la lisant, on identifie de quoi une atmosphère est faite, sans jamais y poser le moindre instrument.

4.1 — Transmission et émission

Spectroscopie de transmission : lorsque la planète passe devant son étoile, une fraction de la lumière stellaire traverse les couches supérieures de l'atmosphère. Les molécules absorbent la lumière à des longueurs d'onde spécifiques : la profondeur du transit varie alors selon la couleur observée — c'est ce qu'on appelle le spectre de transmission.

Spectroscopie d'émission : on observe la planète juste avant et après son occultation par l'étoile. En soustrayant le spectre de l'étoile seule au spectre combiné, on isole le flux thermique émis par la face diurne de la planète.

Transfert radiatif : le calcul du spectre nécessite de résoudre l'équation de transfert radiatif. L'inversion bayésienne (le « retrieval ») : pour remonter aux caractéristiques de l'atmosphère, on utilise des algorithmes statistiques d'inférence.

Équation du transfert radiatif Physique du rayonnement

La variation de l'intensité spécifique le long d'une ligne de visée, mesurée en épaisseur optique , est le bilan entre ce que le milieu absorbe (terme ) et ce qu'il émet (la fonction source ). Résoudre cette équation pour chaque longueur d'onde, c'est reconstituer le spectre qu'on compare aux données.

4.2 — Molécules détectées & photochimie

WASP-39 b : en 2022, le JWST a confirmé la présence de SO₂. C'est la première preuve observationnelle de cycles photochimiques sur une exoplanète, où le rayonnement ultraviolet dissocie H₂O et H₂S pour former du SO₂.

Spectre de transmission de WASP-39 b obtenu par le JWST, avec pics d'absorption
Spectre de transmission de WASP-39 b (JWST) — les empreintes du CO₂, du SO₂ et de l'eau dans l'infrarouge
Atelier interactif · spectre de transmission de WASP-39 b (JWST) profondeur de transit vs longueur d'onde
Survolez pour lire (λ, profondeur)
Reconstruction fidèle au spectre publié (JWST ERS, 2022) : chaque molécule laisse sa signature à une longueur d'onde propre. CO₂ à 4,3 μm, SO₂ à 4,0 μm (la signature de la photochimie), H₂O en plusieurs bandes, Na/K dans le visible. Survolez la courbe pour lire (λ, profondeur) ; cliquez une molécule pour isoler sa contribution.

4.3 — JWST vs Hubble / Spitzer

Précision en spectroscopie de transmission (ordres de grandeur)
InstrumentPrécision (ppm)Capacité clé
Hubble (WFC3)50 – 100Détection d'eau
Spitzer (IRAC)100 – 200Photométrie large bande
JWST (NIRSpec/MIRI)10 – 30Haute résolution

4.4 — Pipelines & limites (2026)

Les logiciels d'analyse de référence sont petitRADTRANS, TauREx et NEMESIS. Trois défis persistent : les nuages et les brumes (« hazes ») — ces aérosols bloquent la vue des couches profondes ; les effets 3D (qui imposent des modèles de circulation générale, les « GCM ») ; et les atmosphères minces, dont la détection autour d'une planète tellurique exige une précision extrême.

Chapitre 5 · Le Système solaire externe

Les géantes de glace & les petits corps

05

Le Système solaire externe est une région fascinante où se jouent les mystères de la formation planétaire. Les géantes de glace, Uranus et Neptune, constituent une catégorie de mondes à part entière.

Uranus et Neptune côte à côte, les deux géantes de glace
Uranus et Neptune — les deux géantes de glace : axe incliné, bleus de méthane et vents extrêmes

1 — Les géantes de glace : structure interne

Contrairement aux géantes gazeuses, Uranus et Neptune possèdent une fraction massive d'éléments lourds (eau, ammoniac, méthane). On distingue : le noyau, un cœur rocheux et métallique dense ; le manteau, un fluide supercritique (mélange chaud sous pression) ; l'enveloppe, une atmosphère riche en hydrogène et hélium.

2 — Le rôle des « petits corps »

Les petits corps (astéroïdes, objets transneptuniens) sont des témoins archéologiques de la formation du Système solaire il y a 4,6 milliards d'années.

3 — L'apport de New Horizons

La mission New Horizons a révolutionné notre compréhension des petits corps avec le survol de Pluton (2015) et d'Arrokoth (2019), démontrant une activité géologique et une accrétion lente. Le même chapitre passe aussi par Mercure, son exosphère ténue et le noyau métallique des planètes telluriques.

Références

CNES — La planète Neptune · Observatoire de Paris — formation des petits corps · NASA/JPL Photojournal.

Chapitre 6 · Les familles de mondes

Les Jupiters chauds

06

Les exoplanètes géantes chaudes (Hot Jupiters).

6.1 — Histoire de la découverte

En 1995, la découverte de 51 Pegasi b par Michel Mayor et Didier Queloz à l'Observatoire de Haute-Provence a bouleversé l'astrophysique (prix Nobel de physique 2019).

Une exoplanète Jupiter chaud en transit devant son étoile
Un Jupiter chaud en transit — atmosphère gonflée, bandes de nuages et vents supersoniques
Les premières découvertes
ExoplanèteAnnéeDécouvreursMéthode
51 Peg b1995Mayor & QuelozVitesse radiale
Tau Bootis b1996Butler et al.Vitesse radiale
HD 209458 b1999Charbonneau et al.Transit

6.2 à 6.4 — Trois fiches

51 Peg b : détectée par vitesse radiale, avec le spectrographe ELODIE. C'est une géante gazeuse (hydrogène et hélium) qui a migré vers son étoile. Son atmosphère s'évapore sous l'effet des rayons X et ultraviolets.

Explication pourquoi des Jupiters chauds ?

51 Pegasi b posait une énigme : une géante gazeuse ne peut pas naître aussi près de son étoile — il y fait trop chaud, et la matière y manque. Comment expliquer qu'elle s'y trouve ?

La réponse, c'est qu'elle n'y est pas née. Elle s'est formée loin, dans les régions froides du disque de gaz et de poussière, puis a migré vers l'intérieur en spiralant à travers ce disque, jusqu'à se retrouver à quelques jours d'orbite de son soleil. C'est ce mécanisme — la migration planétaire — que la découverte des Jupiters chauds a révélé, et qui a bouleversé notre théorie de la formation des planètes.

Explication comment nomme-t-on les exoplanètes ?

Le nom d'une exoplanète, c'est celui de son étoile suivi d'une lettre minuscule. La lettre « a » est réservée à l'étoile elle-même ; la première planète découverte reçoit donc « b », la deuxième « c », et ainsi de suite — dans l'ordre des découvertes, pas des distances. D'où 51 Pegasi b, WASP-39 b ou HD 209458 b.

Quand plusieurs planètes sont trouvées d'un coup, on les nomme alors de l'intérieur vers l'extérieur : dans le système TRAPPIST-1, les sept mondes vont de b (le plus proche) à h (le plus lointain). Les préfixes (WASP, HD, GJ, TOI, K2, Kepler…) renvoient au catalogue ou au relevé qui a repéré l'étoile.

HD 209458 b : la première à montrer un transit, en 1999. Puis la première dont on a détecté l'atmosphère — le sodium, vu par Hubble en 2002.

WASP-39 b — le joyau du JWST : repérée par TESS et Kepler, puis disséquée par le JWST, qui y a détecté clairement du gaz carbonique (CO₂), du dioxyde de soufre (SO₂, né de la photochimie) et de l'eau.

6.5 — Autres Jupiters chauds notables

WASP-121 b (métaux lourds vaporisés) et HD 189733 b (pluies de verre, couleur bleue, vents supersoniques).

Comparaison & synthèse
PlanèteTempératureMolécules détectéesMéthode
51 Peg b≈ 1200 KCO, H₂OVitesse radiale
HD 209458 b≈ 1400 KNa, H₂OTransit
WASP-39 b≈ 1100 KCO₂, SO₂, H₂OTransit (JWST)
WASP-121 b≈ 2500 KFe, Mg, TiOSpectroscopie

Chapitre 7 · Les familles de mondes

Super-Terres, mini-Neptunes & rocheuses

07

7.1 — Définition et occurrence

Les super-Terres (1 à 2 rayons terrestres) et les mini-Neptunes (2 à 4 rayons terrestres) représentent une classe de planètes absente du Système solaire. La différence principale réside dans la présence d'une épaisse enveloppe d'hydrogène et d'hélium pour les mini-Neptunes.

Explication les naines rouges

La plupart des étoiles de la Galaxie ne ressemblent pas au Soleil : ce sont des naines rouges (ou « naines M »), plus petites, plus froides et bien plus nombreuses. TRAPPIST-1 et Proxima Centauri en sont.

Pour la chasse aux planètes, elles ont deux atouts. Plus petites, elles sont davantage déviées par une planète, et la baisse de lumière au passage d'un monde y est plus marquée — donc plus facile à détecter. Leur zone tempérée est aussi très proche de l'étoile, là où les planètes sont fréquentes. Revers de la médaille : ces étoiles sont souvent éruptives, et leurs sautes d'humeur peuvent menacer les atmosphères voisines.

7.2 — Le système TRAPPIST-1

Découvert entre 2016 et 2017 par l'équipe de Michaël Gillon, ce système de 7 planètes est le plus étudié pour comprendre les mondes telluriques. Les observations récentes du JWST (2023-2026) sur les planètes b et c suggèrent des atmosphères très minces ou inexistantes.

7.3 & 7.4 — LHS 1140 b et GJ 1214 b

LHS 1140 b est une cible prioritaire : les données du JWST indiquent une densité compatible avec une composition rocheuse enrichie en eau, avec une atmosphère potentiellement présente. GJ 1214 b est l'archétype des mini-Neptunes, possédant une atmosphère épaisse et des nuages opaques complexes.

7.5 — Outils & satellites

La caractérisation repose sur une synergie entre TESS (détection), JWST (spectroscopie), Hubble, Spitzer et CHEOPS (mesures précises).

Tableau comparatif
PlanèteRayon (R⊕)TypeNote
TRAPPIST-1 e0,92TelluriqueZone habitable
LHS 1140 b1,73Super-TerreAtmosphère possible
GJ 1214 b2,67Mini-NeptuneAtmosphère épaisse

Pour saisir d'un coup d'œil ce qui sépare ces familles, rien ne vaut un diagramme masse-rayon : chaque monde y prend sa place selon sa masse et sa taille, et les rochers denses se distinguent nettement des géantes gonflées de gaz.

Atelier interactif · le diagramme masse-rayon échelles log · courbes de composition (Zeng) · 47 mondes
Survolez les points
Chaque point est une planète, placée selon sa masse (axe horizontal) et son rayon (axe vertical), en unités terrestres et en échelle logarithmique. Les telluriques se serrent en bas à gauche, les géantes en haut à droite. Les courbes pointillées (d'après Zeng et al. 2016/2019) donnent le rayon attendu d'un monde de fer pur, de roche ou riche en eau : un point posé au-dessus d'une courbe est moins dense — gonflé de gaz ou d'eau. Les planètes du Système solaire (en or) servent de repères.

Chapitre 8 · Les familles de mondes

La zone habitable & les mondes habitables

08

8.1 — Définition de la zone habitable

La zone habitable est définie comme la région autour d'une étoile où les conditions permettent la présence d'eau liquide à la surface d'une planète. On distingue l'approche conservatrice (modèles climatiques stricts) de l'approche optimiste (incluant des mécanismes de régulation géologique). Le rôle de l'atmosphère (effet de serre, albédo) est déterminant.

Explication « habitable » ne veut pas dire « habitée »

La zone habitable est une affaire de distance : ni trop près de l'étoile (l'eau bout), ni trop loin (elle gèle), mais juste à la bonne distance pour qu'elle puisse rester liquide en surface. C'est tout ce que dit le mot.

« Habitable » ne dit donc rien de la présence de vie — ni même d'eau ou d'air : seulement qu'en théorie, la température le permettrait. Une planète peut être dans la zone habitable et rester un caillou stérile, ou bouillante sous un effet de serre, comme Vénus, qui en marque techniquement la limite intérieure. C'est une invitation à regarder de plus près, pas un certificat d'habitabilité.

Le système TRAPPIST-1 : une naine rouge et ses sept planètes telluriques
TRAPPIST-1 — sept mondes telluriques autour d'une naine rouge ultra-froide, plusieurs en zone tempérée

8.2 & 8.3 — Proxima Centauri b, TOI-700 d

Proxima Centauri b : découverte en 2016, cette planète tellurique orbite l'étoile la plus proche du Système solaire. Située dans la zone habitable, elle reste une cible majeure malgré l'activité éruptive de son étoile, qui menace la stabilité de son atmosphère. TOI-700 d (TESS) : une planète de taille terrestre qui reçoit un flux énergétique proche de celui de la Terre, au cœur des observations du JWST.

8.4 — K2-18 b et les mondes Hycean

K2-18 b, une super-Terre, est le prototype des mondes « Hycean » (océan global sous atmosphère riche en hydrogène). Les récentes données suggèrent la présence possible de marqueurs comme le sulfure de diméthyle (DMS), bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires.

8.5 & 8.6 — Statistiques & futures missions

Le nombre de candidats en zone habitable croît (TOI-715 b…), et les taux d'occurrence suggèrent qu'une large proportion de naines rouges possède des planètes rocheuses tempérées. La recherche s'appuie sur le JWST, le futur PLATO, et le projet HWO (Habitable Worlds Observatory) qui visera à imager directement des mondes habitables.

Chapitre 9 · Vue d'ensemble

Diversité des systèmes & statistiques 2026

09
Frise interactive · trente ans d'exoplanètes cliquez un jalon

1995 — La première

Michel Mayor et Didier Queloz détectent 51 Pegasi b, première planète autour d'une étoile semblable au Soleil — un Jupiter chaud bouclant son orbite en quatre jours. Prix Nobel de physique 2019.

Oui, il existe bien un catalogue statistique de toutes les exoplanètes confirmées : le NASA Exoplanet Archive, qui en recensait 6 298 au 4 juin 2026. Trois façons de le lire, à explorer ci-dessous.

Atelier interactif · toutes les exoplanètes confirmées NASA Exoplanet Archive · 6 298 mondes
Survolez les barres
Le transit domine — environ 74 % (4 653 planètes) repérées à la baisse de lumière qu'elles causent en passant devant leur étoile, loin devant les vitesses radiales (~19 %). C'est l'héritage direct de Kepler et TESS.
Page compagnon · données réelles

Explorez l'atlas des 6 298 exoplanètes

Tout le catalogue confirmé du NASA Exoplanet Archive, visualisé et manipulable : découvertes par méthode, carte de tout le ciel, vallée des rayons, diagramme masse-rayon avec courbes de composition, zone habitable… huit vues interactives sur des données brutes.

Ouvrir l'atlas →

9.1 — Architectures des systèmes

La diversité architecturale des systèmes planétaires dépasse largement ce que notre propre Système solaire laissait imaginer. Les systèmes compacts, comme TRAPPIST-1, illustrent des configurations extrêmes avec sept planètes telluriques dans un rayon très restreint. On observe fréquemment des chaînes de résonance orbitale — par exemple une planète qui boucle deux orbites quand sa voisine en boucle une (une résonance « 2 pour 1 ») —, signe d'une migration planétaire stable. Enfin, les systèmes avec géantes extérieures défient souvent les modèles de formation classiques.

9.2 — Planètes vagabondes

Les planètes vagabondes (rogue planets), sans étoile hôte, constituent une classe distincte. Elles sont principalement détectées par microlentille gravitationnelle. En 2026, le JWST joue un rôle crucial dans leur caractérisation par imagerie directe, en analysant les émissions infrarouges thermiques de ces objets isolés.

9.3 — Statistiques d'occurrence 2026

Selon la NASA Exoplanet Archive : les Jupiters chauds représentent ~1 % des étoiles de type solaire ; les super-Terres et mini-Neptunes sont les plus fréquentes, particulièrement autour des naines rouges (naines M). La recherche actuelle se concentre sur l'évaporation atmosphérique et le « Radius Valley ».

9.4 — Outils de découverte

Le paysage instrumental est dominé par Kepler (statistiques historiques), TESS (relevés proches), JWST (spectroscopie fine), Gaia (astrométrie) et l'Observatoire Rubin (microlentille à grande échelle).

9.5 — Synthèse de la diversité

Un type de monde, un archétype, une atmosphère, un outil
Type de planèteExempleAtmosphèreOutil
Jupiter chaudWASP-39 bNa, K, H₂O, CO₂JWST
Super-TerreK2-18 bH₂O, possible H₂JWST, Kepler
TelluriqueTRAPPIST-1 eRocheuse, fineTESS, JWST
VagabondeKMT-2024-BLGTrès froideMicrolentille

Chapitre 10 · Perspectives

Missions futures & perspectives

10

Reste l'avenir proche de la discipline. Aux instruments d'aujourd'hui (JWST, ESPRESSO, TESS) succéderont des machines conçues pour la question ultime : imager directement un monde semblable à la Terre et y chercher des biosignatures.

Explication qu'est-ce qu'une biosignature ?

Une biosignature, c'est un indice de vie lisible à distance dans l'atmosphère d'une planète — typiquement une molécule, ou une combinaison de molécules, que la chimie seule peinerait à expliquer. L'exemple canonique est le déséquilibre chimique : sur Terre, l'oxygène (O₂) et le méthane (CH₄) coexistent alors qu'ils devraient se détruire mutuellement. Ce qui les maintient, c'est le vivant qui les renouvelle sans cesse.

Mais aucune molécule n'est une preuve à elle seule : l'oxygène peut naître sans vie, et le fameux sulfure de diméthyle de K2-18 b reste contesté. Une vraie biosignature demande plusieurs indices convergents, un contexte planétaire compatible, et l'élimination patiente de toutes les explications non biologiques. C'est précisément la prudence que vise la prochaine génération de télescopes.

  • PLATO (ESA) — la chasse aux planètes telluriques en zone habitable autour d'étoiles brillantes, par la méthode des transits.
  • HWO — Habitable Worlds Observatory (NASA, à partir des années 2030) — un grand télescope spatial à miroir segmenté dédié à l'imagerie directe d'exoplanètes semblables à la Terre.
  • Observatoire Rubin & Gaia — la microlentille à grande échelle et l'astrométrie de précision, pour les planètes que ni le transit ni la vitesse radiale ne révèlent.
La méthode du transit, en une image

Quand une planète passe devant son étoile, elle en masque une infime fraction : la luminosité baisse, brièvement et périodiquement. C'est la « courbe de lumière ». Sa profondeur donne la taille de la planète, sa période l'orbite, et — avec le JWST — sa couleur révèle l'atmosphère. C'est la méthode qui a fait la moisson de Kepler et de TESS.

Atelier interactif · la méthode du transit profondeur = (Rp/R
Baisse de luminosité 1,06 % = (Rp/R)². Une géante devant une petite étoile creuse un transit profond et facile à voir (Jupiter devant le Soleil ≈ 1 %) ; une Terre devant le Soleil ne masque que 0,008 % — d'où la précision extrême requise. C'est pourquoi les naines rouges (petites) sont les meilleures cibles pour les planètes rocheuses.

Annexe

Fiches techniques & glossaire

Toutes les données du dossier, rassemblées et sourcées : une fiche par instrument, sonde, planète et exoplanète mentionnés — vérifiées par recherche multi-agents (NASA, ESA, ESO, NASA Exoplanet Archive). Puis un lexique des termes employés.

Instruments au sol 11 fiches
HARPS
Spectrographe échelle à fibres dédié aux vitesses radiales (chasse aux exoplanètes)
Observatoire / site
La Silla (Chili), ESO, ~2 400 m
Télescope hôte & ouverture
Télescope ESO de 3,6 m
Type
Spectrographe échelle à fibres, ultra-stable (sous vide)
Domaine spectral
378–691 nm (visible)
Résolution spectrale
R ≈ 115 000
Précision en vitesse radiale
~1 m/s (et en deçà) sur le long terme
Mise en service
2003 (commissioning févr. 2003 ; ouvert à la communauté oct. 2003)
Exploitant
ESO (Observatoire européen austral)

Pendant deux décennies, le spectrographe le plus précis du monde pour traquer le faible balancement (masse minimale) imposé à une étoile par ses planètes — plus de 130 exoplanètes découvertes (dont, en 2011, 50 planètes d'un coup, 16 super-Terres). Sa stabilité tient à un caisson sous vide thermalisé à ~0,01 K et à une calibration par lampe ThAr puis peigne de fréquences laser.

NIRPS
Spectrographe proche infrarouge, jumeau de HARPS sur le 3,6 m de l'ESO
Observatoire / site
La Silla (Chili), ESO, ~2 400 m
Télescope hôte
Télescope ESO de 3,6 m (en parallèle de HARPS)
Type
Spectrographe échelle proche infrarouge, assisté par optique adaptative
Domaine spectral
0,98–1,8 µm (bandes Y, J, H)
Résolution spectrale
R ≈ 75 000 (mode HE) / 88 000 (mode HA)
Précision en vitesse radiale
≈ 77 cm/s sur Proxima (proche IR)
Mise en service
Première lumière 2022 ; opérations scientifiques depuis 2023
Exploitant
Consortium NIRPS (U. de Montréal & U. de Genève, avec l'ESO)

Observe simultanément avec HARPS pour démêler le signal d'une planète de l'activité stellaire ; optimisé pour les naines M, les plus prometteuses pour des planètes rocheuses tempérées.

ESPRESSO
Spectrographe échelle ultra-stable de nouvelle génération, chasseur d'exoplanètes rocheuses
Observatoire / site
Paranal (Chili), ESO, ~2 635 m
Télescope hôte & ouverture
VLT — un télescope de 8,2 m, ou les quatre combinés (mode 4-UT = lumière d'un miroir de ~16 m)
Type
Spectrographe échelle à fibres, foyer Coudé combiné, ultra-stable
Domaine spectral
380–686 nm (visible)
Résolution spectrale
R ≈ 70 000 / 140 000 / 190 000 selon le mode
Précision en vitesse radiale
objectif ~10 cm/s ; < 25 cm/s démontrés en une nuit
Première lumière
déc. 2017 (1 UT) ; févr. 2018 (4 UT) ; opérations sci. oct. 2018
Exploitant
ESO (Observatoire européen austral)

Successeur de HARPS sur le VLT — environ 2 magnitudes plus sensible grâce à la surface collectrice —, conçu pour atteindre la précision (~10 cm/s) nécessaire à la détection de la masse minimale de planètes telluriques en zone habitable.

VLT (Very Large Telescope)
Réseau de quatre télescopes de 8,2 m, l'observatoire optique au sol le plus productif
Observatoire / site
Cerro Paranal (Chili), désert d'Atacama, ~2 635 m
Type
4 télescopes unitaires (UT) de 8,2 m + 4 télescopes auxiliaires mobiles de 1,8 m
Ouverture des UT
8,2 m (miroirs primaires monolithiques)
Noms des UT
Antu, Kueyen, Melipal, Yepun
Mode interférométrique
VLTI — base équivalente jusqu'à ~130–200 m
Première lumière
25–26 mai 1998 (UT1 Antu) ; les 4 UT opérationnels en 2000–2001
Exploitant
ESO (Observatoire européen austral)

Plate-forme hôte des instruments ESPRESSO, SPHERE et GRAVITY ; publie en moyenne plus d'un article à comité de lecture par jour, selon l'ESO.

W. M. Keck Observatory (Keck I & Keck II)
Deux télescopes de 10 m à miroirs segmentés, parmi les plus grands en optique/infrarouge
Observatoire / site
Maunakea (Hawaï), ~4 145 m
Type
2 télescopes optique/infrarouge à miroir segmenté
Ouverture
10 m chacun (2 × 10 m)
Miroir primaire
36 segments hexagonaux fonctionnant comme un miroir unique
Première lumière
Keck I : 1990 (sci. 1993) ; Keck II : 1996
Instruments clés exoplanètes
HIRES (vitesses radiales), NIRC2 + optique adaptative (imagerie)
Exploitant
CARA (Caltech, Université de Californie ; concours de la NASA)

Pilier de la mesure des masses minimales d'exoplanètes par vitesses radiales (HIRES) et de l'imagerie directe (NIRC2), notamment du système HR 8799.

Subaru Telescope
Télescope optique/infrarouge de 8,2 m à miroir monolithique du Japon
Observatoire / site
Maunakea (Hawaï), 4 207 m
Type
Télescope optique/infrarouge à miroir primaire monolithique
Ouverture
8,2 m (l'un des plus grands miroirs monolithiques du monde)
Miroir primaire
Verre ULE de 20 cm d'épaisseur, ~22,8 t
Atout grand champ
Caméra Hyper Suprime-Cam au foyer primaire (large champ)
Première lumière
1999 (première lumière scientifique)
Exploitant
NAOJ (Observatoire astronomique national du Japon)

Sa caméra à très grand champ et l'optique adaptative en font un acteur des grands relevés et de la caractérisation d'exoplanètes (instrument dédié SCExAO/CHARIS).

SPHERE
Imageur à très haut contraste et optique adaptative extrême du VLT, dédié à l'imagerie directe d'exoplanètes
Observatoire / site
Paranal (Chili), ESO
Télescope hôte & ouverture
VLT UT3 (Melipal), 8,2 m
Type
Optique adaptative extrême + coronographe ; 3 sous-instruments (IRDIS, IFS, ZIMPOL)
Domaine spectral
0,5–2,32 µm (visible à proche IR)
Capacité clé
Le plus haut contraste alors atteint en imagerie planétaire directe (selon l'ESO)
Contraste indicatif
~1e-6 (10⁻⁶) à quelques dixièmes d'arcsec, selon les estimations / conditions
Première lumière
2014 (mise en service été 2014 ; ouvert à la communauté 2015)
Exploitant
ESO (Observatoire européen austral)

Conçu pour photographier directement des exoplanètes géantes proches de leur étoile en éteignant la lumière stellaire — il a notamment imagé PDS 70 b et c, des planètes en train de se former dans leur disque.

GRAVITY
Instrument interférométrique de seconde génération du VLTI (combinaison de 4 télescopes)
Observatoire / site
Paranal (Chili), ESO — foyer du VLTI
Télescopes hôtes
VLTI : les 4 UT de 8,2 m ou les 4 AT de 1,8 m combinés
Type
Combineur de faisceaux interférométrique infrarouge (bande K), à référence de phase
Précision astrométrique
~10 microsecondes d'arc (astrométrie de phase, selon l'ESO)
Résolution angulaire
ordre de la milliarcseconde (imagerie interférométrique)
Première lumière
janv. 2016 ; opérations régulières depuis 2016
Faits marquants
1ʳᵉ détection directe d'une exoplanète par interférométrie optique : HR 8799 e (2019) ; extension GRAVITY+ en cours (2024–2025)
Exploitant
ESO (Observatoire européen austral)

Capable de sonder le trou noir central de la Galaxie et, en exoplanétologie, de mesurer directement lumière et orbite d'exoplanètes par interférométrie — sur HR 8799 e, il a révélé une atmosphère à nuages de fer et de silicates.

HIRES
Spectrographe échelle haute résolution du Keck, « chasseur d'exoplanètes » par vitesses radiales
Observatoire / site
Maunakea (Hawaï), W. M. Keck Observatory
Télescope hôte & ouverture
Keck I, 10 m
Type
Spectrographe échelle à dispersion croisée (le plus grand instrument du Keck)
Domaine spectral
~0,3–1,0 µm (visible–proche IR)
Calibration
Cellule à iode (référence de longueur d'onde)
Résolution spectrale
jusqu'à R ≈ 85 000 (selon la fente)
Précision en vitesse radiale
~3 m/s (1996) → ~1,5 m/s après l'upgrade de 2004
Mise en service
1993 — instrument mis en service en 1995
Exploitant
W. M. Keck Observatory (CARA : Caltech / Univ. de Californie)

Instrument de référence de la communauté américaine pendant près de trente ans — il a notamment signé GJ 436 b (2004), le premier Neptune de faible masse détecté par effet Doppler.

NIRC2
Caméra proche infrarouge de 2ᵉ génération couplée à l'optique adaptative du Keck II
Observatoire / site
Maunakea (Hawaï), W. M. Keck Observatory
Télescope hôte & ouverture
Keck II, 10 m (avec système d'optique adaptative)
Type
Imageur proche infrarouge + optique adaptative (imagerie haute résolution)
Domaine spectral
1–5 µm ; coronographe vortex pour le haut contraste
Échelle de plaque (champ étroit)
9,971 ± 0,004 mas/pixel ; champ 10,2 × 10,2 arcsec
Capacité clé
Résolution spatiale comparable, voire supérieure, à Hubble dans le proche IR
Faits marquants
Imagerie directe du système multi-planétaire HR 8799
Exploitant
W. M. Keck Observatory (CARA : Caltech / Univ. de Californie)

Avec l'optique adaptative du Keck II, a permis la première image directe d'un système planétaire autour d'une autre étoile (HR 8799).

ELODIE
Spectrographe échelle historique de l'OHP, à l'origine de la découverte de 51 Pegasi b
Observatoire / site
Observatoire de Haute-Provence (France)
Télescope hôte & ouverture
Télescope de 1,93 m de l'OHP
Type
Spectrographe échelle à fibres (méthode des vitesses radiales)
Résolution spectrale
R ≈ 42 000
Précision en vitesse radiale
jusqu'à ~7 m/s
Période d'exploitation
Première lumière 1993 ; retiré du service août 2006 (remplacé par SOPHIE)
Exploitant
OHP (CNRS), avec les observatoires de Genève et Marseille

En 1995, Michel Mayor et Didier Queloz y détectent 51 Pegasi b, première exoplanète (masse minimale) autour d'une étoile de type solaire — prix Nobel de physique 2019.

Télescopes & missions spatiales 10 fiches
JWST — James Webb Space Telescope
Observatoire spatial infrarouge (NASA / ESA / CSA)
Agence
NASA, avec l'ESA et l'Agence spatiale canadienne (CSA)
Lancement
25 décembre 2021 (Ariane 5)
Diamètre du miroir primaire
6,5 m (18 segments hexagonaux en béryllium)
Position
Orbite de halo autour du point de Lagrange L2, à ~1,5 million de km de la Terre
Domaine spectral
Infrarouge, ~0,6 à 28,5 µm
Rôle en exoplanétologie
Spectroscopie de transit et d'éclipse, imagerie directe par coronographie : caractérisation des atmosphères (CO₂, H₂O, etc.)

Le plus grand télescope spatial jamais lancé : il sonde la composition chimique des atmosphères d'exoplanètes par spectroscopie infrarouge, jusqu'à des mondes tempérés de taille terrestre.

Hubble — Hubble Space Telescope (HST)
Observatoire spatial ultraviolet/visible/proche infrarouge (NASA / ESA)
Agence
NASA, avec contribution de l'ESA
Lancement
24 avril 1990 (navette Discovery, STS-31)
Diamètre du miroir primaire
2,4 m
Orbite
Orbite terrestre basse, ~540 km d'altitude
Domaine spectral
De l'ultraviolet lointain au proche infrarouge, en passant par le visible
Rôle en exoplanétologie
Spectroscopie de transit : première détection d'une atmosphère d'exoplanète (HD 209458 b, 2001) et de vapeur d'eau

Pionnier de l'étude des atmosphères d'exoplanètes par transit : Hubble a détecté en 2001 la première atmosphère extrasolaire, ouvrant la voie à leur caractérisation spectroscopique.

Spitzer — Spitzer Space Telescope
Observatoire spatial infrarouge (NASA), désorbité
Agence
NASA (JPL)
Lancement
25 août 2003
Fin de mission
30 janvier 2020 (désactivé après plus de 16 ans)
Diamètre du miroir primaire
0,85 m
Orbite
Héliocentrique « à la traîne de la Terre » (Earth-trailing)
Domaine spectral
Infrarouge, ~3 à 180 µm
Rôle en exoplanétologie
Photométrie de transit et d'éclipse dans l'infrarouge ; cartographie thermique d'atmosphères ; découverte des 7 planètes de TRAPPIST-1

C'est Spitzer qui a confirmé en 2017, par transits dans l'infrarouge, le système des sept planètes telluriques de TRAPPIST-1, dont plusieurs en zone habitable.

Kepler (et K2)
Télescope spatial de détection d'exoplanètes par transit (NASA), retiré
Agence
NASA
Lancement
7 mars 2009
Fin de mission
2018 (à court de carburant) ; mission étendue K2 menée de 2014 à 2018
Ouverture
Ouverture de ~0,95 m (photomètre) ; miroir primaire de 1,4 m
Orbite
Héliocentrique « à la traîne de la Terre » (période ~372,5 jours)
Méthode
Photométrie de transit (baisse de luminosité d'une étoile quand une planète passe devant)
Bilan
Plus de 2 600 exoplanètes confirmées ; a montré qu'il y a plus de planètes que d'étoiles dans la Galaxie

Mission fondatrice de la « moisson » d'exoplanètes : après deux pannes de roues de réaction, elle s'est prolongée sous le nom de K2 en pointant le plan de l'écliptique de 2014 à 2018.

TESS — Transiting Exoplanet Survey Satellite
Relevé spatial de transits du ciel entier (NASA)
Agence
NASA (dirigée par le MIT)
Lancement
18 avril 2018
Ouverture
4 caméras identiques, ~10 cm de diamètre chacune (champ total 24°×96°)
Orbite
Orbite terrestre haute très elliptique, période de ~13,7 jours, en résonance 2:1 avec la Lune
Domaine spectral
Bande rouge-optique, ~600 à 1000 nm
Méthode
Photométrie de transit ; relevé des étoiles brillantes proches pour détecter des planètes idéales au suivi atmosphérique

Successeur de Kepler, TESS balaie presque tout le ciel à la recherche de transits autour d'étoiles brillantes et proches, fournissant les cibles privilégiées de Webb.

CHEOPS — CHaracterising ExOPlanet Satellite
Petit télescope spatial de caractérisation d'exoplanètes (ESA)
Agence
ESA (avec la Suisse comme partenaire principal)
Lancement
18 décembre 2019 (Soyuz-Fregat)
Ouverture
Télescope Ritchey-Chrétien, miroir de ~32 cm (ouverture utile ~30 cm)
Orbite
Orbite terrestre basse héliosynchrone, ~700 km d'altitude
Méthode
Photométrie de transit ultra-précise sur des étoiles déjà connues pour héberger des planètes
Cible
Planètes de la super-Terre à Neptune : mesure fine du rayon → densité et composition

CHEOPS ne cherche pas de nouvelles planètes au hasard : il mesure très précisément la taille de planètes déjà connues pour en déduire densité et nature (rocheuse, gazeuse).

Gaia
Mission d'astrométrie de précision (ESA), opérations achevées
Agence
ESA
Lancement
19 décembre 2013 (Soyuz)
Fin des opérations scientifiques
15 janvier 2025
Position
Orbite de Lissajous autour du point de Lagrange L2
Instrument
Caméra d'un milliard de pixels ; plus de 2 milliards d'objets catalogués
Méthode en exoplanétologie
Astrométrie : détection des minuscules oscillations de position d'une étoile dues à l'attraction d'une planète

En cartographiant en 3D plus de 2 milliards d'astres, Gaia détecte des exoplanètes par astrométrie — l'oscillation de l'étoile — et fournit distances et mouvements indispensables à toute la discipline.

Source — ESA — Gaia ↗
PLATO — PLAnetary Transits and Oscillations of stars
Future mission de transits et d'astérosismologie (ESA)
Agence
ESA (programme Cosmic Vision, mission de classe M)
Lancement
prévu fin 2026 (décembre 2026, Ariane 6)
Instrument
26 caméras (24 « normales » + 2 « rapides »), ~81 mégapixels chacune
Orbite
Orbite de halo autour du point de Lagrange L2
Cible
Plus de 200 000 étoiles ; planètes telluriques en zone habitable d'étoiles de type solaire
Méthode
Photométrie de transit couplée à l'astérosismologie (analyse des oscillations stellaires) pour caractériser planètes et étoiles hôtes

PLATO vise des « Terres » en zone habitable autour d'étoiles semblables au Soleil, en combinant transits et écoute des vibrations stellaires pour mesurer précisément âges et rayons.

HWO — Habitable Worlds Observatory
Concept de futur observatoire phare de recherche de vie (NASA)
Agence
NASA
Statut
Concept / mission future (héritière des concepts LUVOIR et HabEx)
Lancement
Prévu vers les années 2040 — selon les estimations actuelles
Ouverture
Miroir segmenté d'environ ~6 m envisagé — selon les études de concept (non figé)
Position
Point de Lagrange L2 envisagé
Domaine spectral
Ultraviolet, visible et infrarouge (UV/optique/IR)
Méthode
Imagerie directe par coronographe (ou starshade) + spectroscopie : viser ~25 mondes potentiellement habitables et y chercher des biosignatures (O₂, CH₄)

Premier télescope conçu spécifiquement pour chercher des signes de vie : il devrait imager directement une vingtaine de mondes potentiellement habitables et sonder leur atmosphère.

Observatoire Vera C. Rubin
Observatoire au sol (relevé terrestre, NSF/DOE) — non spatial
Agence / financement
NSF et DOE (États-Unis) — installation au sol, pas en orbite
Localisation
Cerro Pachón, Chili (~2 700 m d'altitude) — au sol
Première lumière
Images de « première lumière » dévoilées le 23 juin 2025 ; opérations scientifiques (LSST) débutant fin 2025
Diamètre du miroir primaire
8,4 m (télescope Simonyi Survey)
Instrument
LSST Camera, le plus grand appareil photo numérique jamais construit (3,2 gigapixels)
Rôle en exoplanétologie
Relevé temporel LSST sur 10 ans ; détection potentielle d'exoplanètes par microlentille gravitationnelle et apport au suivi des objets variables

À la différence des autres fiches, Rubin est un observatoire AU SOL (Chili), pas un télescope spatial : son relevé LSST balaiera tout le ciel austral et pourra détecter des exoplanètes par microlentille gravitationnelle.

Sondes du Système solaire 7 fiches
MESSENGER
Orbiteur de Mercure (NASA / Johns Hopkins APL)
Agence
NASA (construite par le Johns Hopkins APL)
Lancement
3 août 2004 (Cap Canaveral, fusée Delta II)
Cible
Mercure
Mise en orbite
18 mars 2011 (1ʳᵉ sonde en orbite autour de Mercure)
Fin de mission
30 avril 2015 (impact volontaire à la surface)
Statut
Terminée — mission de ~4 ans en orbite
Bilan imagerie
~277 000 photographies (selon la NASA)
Vitesse d'impact
~14 080 km/h

Première sonde à se mettre en orbite autour de Mercure ; elle a cartographié la planète entière et confirmé la présence de glace d'eau dans les cratères polaires en permanence à l'ombre.

BepiColombo
Mission conjointe vers Mercure (ESA / JAXA), en route
Agences
ESA et JAXA (Japon)
Lancement
20 octobre 2018 (Kourou, fusée Ariane 5)
Cible
Mercure
Composition
2 orbiteurs : MPO (ESA) et Mio / MMO (JAXA)
Survols d'assistance
9 au total (Terre, Vénus ×2, Mercure ×6) — dernier le 8 janv. 2025
Mise en orbite prévue
~novembre 2026 (selon les estimations, après un report dû à un incident de propulseur)
Statut
Active — phase d'approche finale (croisière)

Plus grande mission européenne vers Mercure : ses deux orbiteurs étudieront simultanément la surface, l'intérieur et la magnétosphère ; son arrivée a été repoussée à fin 2026 à la suite d'une anomalie de propulsion électrique en 2024.

Voyager 1 & 2
Sondes interstellaires jumelles (NASA / JPL)
Agence
NASA / JPL
Lancement
Voyager 2 : 20 août 1977 ; Voyager 1 : 5 sept. 1977 (Cap Canaveral, Titan III-Centaur)
Cibles
Jupiter, Saturne (les deux) ; Uranus et Neptune (Voyager 2)
Entrée milieu interstellaire
Voyager 1 : 25 août 2012 ; Voyager 2 : 5 nov. 2018
Distance (Voyager 1)
~25 milliards de km (~167 ua) en 2025 — objet humain le plus lointain
Vitesse
Voyager 1 ~17 km/s (~61 000 km/h) ; Voyager 2 ~15 km/s, p/r au Soleil
Énergie
Générateurs thermoélectriques à radio-isotopes (RTG, plutonium-238)
Statut
Actives — instruments éteints progressivement pour économiser l'énergie

Seuls engins humains à avoir atteint l'espace interstellaire ; chacun emporte le Disque d'or (Golden Record) et c'est Voyager 1 qui a pris en 1990 le célèbre « Point bleu pâle ».

Juno
Orbiteur polaire de Jupiter (NASA / JPL)
Agence
NASA / JPL (construite par Lockheed Martin)
Lancement
5 août 2011 (Cap Canaveral, Atlas V 551)
Cible
Jupiter (puis survols de Ganymède, Europe, Io)
Mise en orbite
4 juillet 2016
Période orbitale
~53 jours (orbite polaire très elliptique)
Énergie
3 panneaux solaires (~60 m² ) — record pour une sonde lointaine
Statut
Mission étendue jusqu'au 30 sept. 2025 ; statut au-delà non confirmé (selon les estimations)

Première sonde fonctionnant à l'énergie solaire aussi loin du Soleil ; elle sonde le champ magnétique, la gravité et l'atmosphère profonde de Jupiter, et JunoCam a livré des images spectaculaires des cyclones polaires.

Cassini-Huygens
Orbiteur de Saturne + atterrisseur de Titan (NASA / ESA / ASI)
Agences
NASA (orbiteur Cassini) + ESA (module Huygens) + ASI (Italie)
Lancement
15 octobre 1997 (Cap Canaveral, Titan IVB-Centaur)
Cibles
Saturne, ses anneaux et ses lunes ; Titan (Huygens)
Mise en orbite de Saturne
1ᵉʳ juillet 2004 (insertion ; 1ʳᵉ sonde en orbite de Saturne)
Atterrissage de Huygens
14 janvier 2005 (Titan — atterrissage le plus lointain jamais réalisé)
Grande Finale
22 plongées entre les anneaux ; fin le 15 sept. 2017 (plongée dans Saturne)
Statut
Terminée — ~13 ans en orbite, ~20 ans de mission totale

Huygens reste le seul engin à s'être posé sur un corps du Système solaire externe ; Cassini a découvert les geysers d'Encelade et les lacs d'hydrocarbures de Titan.

New Horizons
Survol de Pluton et de la ceinture de Kuiper (NASA / Johns Hopkins APL)
Agence
NASA (construite par le Johns Hopkins APL)
Lancement
19 janvier 2006 (Cap Canaveral, Atlas V 551) — objet le plus rapide jamais lancé depuis la Terre
Cibles
Pluton et son système ; objet de Kuiper Arrokoth (2014 MU69)
Survol de Pluton
14 juillet 2015 (approche au plus près)
Survol d'Arrokoth
1ᵉʳ janvier 2019 — survol le plus lointain de l'histoire (~6,6 milliards de km)
Énergie
Générateur thermoélectrique à radio-isotopes (RTG)
Statut
Active — exploitable au moins jusqu'aux années 2050 (selon les estimations)

Première et seule sonde à avoir survolé Pluton, révélant la plaine de glace en forme de cœur (Tombaugh Regio) ; elle a aussi réalisé le survol planétaire le plus lointain jamais effectué, sur l'objet Arrokoth.

Perseverance
Rover d'astrobiologie sur Mars, mission Mars 2020 (NASA / JPL)
Agence
NASA / JPL
Lancement
30 juillet 2020 (Cap Canaveral, Atlas V 541)
Cible
Mars — cratère Jezero (~45 km de diamètre, ancien lac)
Atterrissage
18 février 2021 (descente par « grue volante » / Sky Crane)
Énergie
Générateur à radio-isotopes (MMRTG)
Échantillons
24 échantillons de roche/régolithe + 1 atmosphérique (+ 3 tubes témoins)
Statut
Active — en exploration du delta de Jezero

Premier rover à collecter et mettre en cache des échantillons martiens en vue d'un retour sur Terre ; son instrument MOXIE a produit pour la première fois de l'oxygène à partir du CO₂ de l'atmosphère martienne (~122 g au total).

Planètes & corps du Système solaire 11 fiches
Mercure
Planète tellurique — la plus proche du Soleil
Type
Planète tellurique (rocheuse)
Rayon équatorial
2 439,7 km (~0,383 rayon terrestre)
Masse
~0,0553 masse terrestre (3,30 × 10²³ kg)
Distance moyenne au Soleil
0,387 UA (57,9 millions de km)
Période orbitale
0,241 an (88,0 jours)
Température moyenne
~167 °C (variations de −180 à +430 °C)
Atmosphère
Exosphère ténue (O, Na, H, He, K) ; pression quasi nulle (~10⁻¹⁵ bar)

Mercure n'a quasiment pas d'atmosphère, d'où des écarts de température extrêmes entre jour et nuit malgré sa proximité solaire.

Vénus
Planète tellurique — l'enfer atmosphérique du Système solaire
Type
Planète tellurique (rocheuse)
Rayon équatorial
6 051,8 km (~0,949 rayon terrestre)
Masse
~0,815 masse terrestre (4,87 × 10²⁴ kg)
Distance moyenne au Soleil
0,723 UA (108,2 millions de km)
Période orbitale
0,615 an (224,7 jours)
Température moyenne
464 °C (737 K)
Atmosphère
CO₂ (96,5 %), N₂ (3,5 %) ; pression au sol ~92 bar

Sa épaisse atmosphère de CO₂ provoque un effet de serre emballé : Vénus est la planète la plus chaude, plus chaude que Mercure malgré une distance double au Soleil.

Terre
Planète tellurique — le seul monde connu abritant la vie
Type
Planète tellurique (rocheuse)
Rayon équatorial
6 378,1 km (1 rayon terrestre par définition)
Masse
1 masse terrestre (5,97 × 10²⁴ kg)
Distance moyenne au Soleil
1,000 UA (149,6 millions de km)
Période orbitale
1,000 an (365,25 jours)
Température moyenne
15 °C (288 K)
Atmosphère
N₂ (78 %), O₂ (21 %) ; pression au sol ~1 bar

La Terre sert de référence pour toutes les masses et rayons planétaires ; l'eau liquide y est stable en surface grâce à sa distance au Soleil et à sa pression atmosphérique.

Mars
Planète tellurique — la planète rouge
Type
Planète tellurique (rocheuse)
Rayon équatorial
3 396,2 km (~0,532 rayon terrestre)
Masse
~0,107 masse terrestre (6,42 × 10²³ kg)
Distance moyenne au Soleil
1,524 UA (227,9 millions de km)
Période orbitale
1,881 an (687 jours)
Température moyenne
~−65 °C (210 K)
Atmosphère
CO₂ (95,1 %), N₂ (2,6 %), Ar (1,9 %) ; pression au sol ~0,006 bar

Son atmosphère très ténue (moins de 1 % de celle de la Terre) ne retient guère la chaleur ; l'eau liquide n'y est pas stable en surface aujourd'hui.

Jupiter
Géante gazeuse — la plus massive du Système solaire
Type
Géante gazeuse
Rayon équatorial
71 492 km (~11,21 rayons terrestres)
Masse
~317,8 masses terrestres (1,898 × 10²⁷ kg)
Distance moyenne au Soleil
5,20 UA (778,6 millions de km)
Période orbitale
11,86 ans
Température (niveau 1 bar)
~−110 °C (165 K)
Atmosphère
H₂ (~89,8 %), He (~10,2 %) ; pas de surface solide

Jupiter contient à elle seule plus de deux fois la masse de toutes les autres planètes réunies ; sa Grande Tache rouge est une tempête anticyclonique plus large que la Terre.

Saturne
Géante gazeuse — la planète aux anneaux
Type
Géante gazeuse
Rayon équatorial
60 268 km (~9,45 rayons terrestres)
Masse
~95,2 masses terrestres (5,68 × 10²⁶ kg)
Distance moyenne au Soleil
9,54 UA (1 433,5 millions de km)
Période orbitale
29,4 ans
Température (niveau 1 bar)
~−140 °C (134 K)
Atmosphère
H₂ (~96,3 %), He (~3,25 %) ; pas de surface solide

C'est la planète la moins dense (densité inférieure à celle de l'eau) ; son système d'anneaux, composé majoritairement de glace d'eau, est le plus spectaculaire du Système solaire.

Uranus
Géante de glaces — la planète couchée sur son orbite
Type
Géante de glaces
Rayon équatorial
25 559 km (~4,01 rayons terrestres)
Masse
~14,5 masses terrestres (8,68 × 10²⁵ kg)
Distance moyenne au Soleil
19,19 UA (2 872,5 millions de km)
Période orbitale
84,0 ans
Température (niveau 1 bar)
~−195 °C (76 K)
Atmosphère
H₂ (~82,5 %), He (~15,2 %), CH₄ (~2,3 %) ; pas de surface solide

Son axe de rotation est incliné de ~98°, si bien qu'Uranus « roule » sur son orbite ; le méthane atmosphérique lui donne sa teinte bleu-vert.

Neptune
Géante de glaces — la planète la plus éloignée du Soleil
Type
Géante de glaces
Rayon équatorial
24 764 km (~3,88 rayons terrestres)
Masse
~17,1 masses terrestres (1,02 × 10²⁶ kg)
Distance moyenne au Soleil
30,07 UA (4 495,1 millions de km)
Période orbitale
164,8 ans
Température (niveau 1 bar)
~−200 °C (72 K)
Atmosphère
H₂ (~80 %), He (~19 %), CH₄ (~1,5 %) ; pas de surface solide

Neptune fut la première planète découverte par le calcul (1846) avant d'être observée ; ses vents comptent parmi les plus violents du Système solaire (jusqu'à ~2 000 km/h selon les estimations).

Pluton
Planète naine — corps emblématique de la ceinture de Kuiper
Type
Planète naine (reclassée par l'UAI en 2006)
Rayon moyen
1 188 km (~0,186 rayon terrestre)
Masse
~0,0022 masse terrestre (1,30 × 10²² kg)
Distance moyenne au Soleil
39,48 UA (5 906,4 millions de km)
Période orbitale
248 ans
Température moyenne
~−229 °C (44 K)
Atmosphère
Ténue : N₂ avec traces de CH₄ et CO ; pression ~10⁻⁵ bar (~1 Pa, variable)

Reclassée « planète naine » par l'UAI en 2006 car n'ayant pas « nettoyé » son voisinage orbital ; survolée par New Horizons le 14 juillet 2015.

Titan
Lune de Saturne — le seul satellite à atmosphère dense
Type
Satellite naturel (plus grande lune de Saturne)
Rayon moyen
2 574,7 km (~0,404 rayon terrestre, plus grand que Mercure)
Masse
~0,0225 masse terrestre (1,345 × 10²³ kg)
Orbite
Autour de Saturne, ~1 221 870 km de rayon orbital (~9,54 UA du Soleil)
Période orbitale (autour de Saturne)
15,9 jours
Température de surface
~−179 °C (94 K)
Atmosphère
N₂ (~95–98 %), CH₄ (~2–5 %) ; pression au sol ~1,5 bar

Titan possède des lacs et rivières de méthane et d'éthane liquides ; sa composition atmosphérique a été mesurée in situ par l'instrument GCMS de la sonde Huygens (2005).

Arrokoth (2014 MU69)
Objet de la ceinture de Kuiper — planétésimal primordial à deux lobes
Type
Objet transneptunien (binaire de contact, ceinture de Kuiper froide)
Dimensions
~35 km de long sur ~20 km de large (deux lobes accolés)
Masse
Très faible, ~10⁻⁹ masse terrestre (estimée, corps de quelques 10¹⁵ kg)
Distance moyenne au Soleil
~44,6 UA (demi-grand axe, ~6,7 milliards de km)
Période orbitale
~298 ans
Température de surface
~−240 °C (~30 K, selon les estimations)
Atmosphère
Aucune (corps glacé sans atmosphère)

Survolé par New Horizons le 1er janvier 2019, c'est le corps le plus lointain jamais exploré de près ; sa forme à deux lobes accolés en douceur conforte le modèle d'accrétion lente des planétésimaux.

Exoplanètes 15 fiches
51 Pegasi b
Jupiter chaud — première exoplanète confirmée autour d'une étoile de type solaire
Type
Jupiter chaud (géante gazeuse)
Masse
~0,46 M_Jup (masse minimale, vitesses radiales)
Rayon
~1,07 R_Jup (estimé ; ne transite pas)
Période orbitale
4,23 jours
Étoile hôte
51 Pegasi (type G, ~50 a.l.)
Découverte
1995, vitesses radiales
Demi-grand axe
~0,052 UA

Découverte par Michel Mayor et Didier Queloz, ce fut la première planète confirmée autour d'une étoile semblable au Soleil, prix Nobel de physique 2019.

Tau Boötis b
Jupiter chaud massif découvert très tôt en vitesses radiales
Type
Jupiter chaud (géante gazeuse)
Masse
~5,95 M_Jup (masse vraie ; inclinaison ~45° déterminée)
Rayon
~1,14 R_Jup (estimé)
Période orbitale
3,31 jours
Étoile hôte
Tau Boötis (type F, ~51 a.l.)
Découverte
1996, vitesses radiales
Demi-grand axe
~0,049 UA

L'une des premières exoplanètes connues ; sa lumière réfléchie et son monoxyde de carbone ont été détectés directement, contraignant la véritable masse et l'inclinaison de l'orbite.

HD 209458 b
Jupiter chaud — premier transit observé et première atmosphère détectée
Type
Jupiter chaud (géante gazeuse)
Masse
~0,69–0,73 M_Jup
Rayon
~1,39 R_Jup
Période orbitale
3,52 jours
Étoile hôte
HD 209458 (type F/G, ~157 a.l.)
Découverte
1999, vitesses radiales puis transit
Demi-grand axe
~0,047 UA

Surnommée Osiris : première exoplanète vue en transit (2000) et première dont l'atmosphère a été sondée (sodium, 2002), avec une enveloppe d'hydrogène qui s'échappe.

WASP-39 b
Saturne chaude — premier CO₂ détecté dans une atmosphère d'exoplanète (JWST)
Type
Saturne chaude / Jupiter chaud peu dense
Masse
~0,28 M_Jup
Rayon
~1,28 R_Jup
Période orbitale
4,06 jours
Étoile hôte
WASP-39 (type G, ~700 a.l.)
Découverte
2011, transit
Demi-grand axe
~0,049 UA

Première exoplanète où le JWST a identifié sans ambiguïté du dioxyde de carbone (2022), avec aussi eau, sodium, potassium et dioxyde de soufre photochimique.

WASP-121 b
Jupiter ultra-chaud — atmosphère à stratosphère et fer/magnésium qui s'échappent
Type
Jupiter ultra-chaud (géante gazeuse)
Masse
~1,16 M_Jup
Rayon
~1,75 R_Jup
Période orbitale
~1,27 jour
Étoile hôte
WASP-121 (type F, ~858 a.l.)
Découverte
2015 (annoncée), transit
Demi-grand axe
~0,025 UA

Planète déformée par les marées et chauffée à plus de 2 500 K ; première à montrer une stratosphère, avec du fer et du magnésium gazeux s'échappant de l'atmosphère.

HD 189733 b
Jupiter chaud bleu cobalt aux nuages de silicates
Type
Jupiter chaud (géante gazeuse)
Masse
~1,13 M_Jup
Rayon
~1,13 R_Jup
Période orbitale
2,22 jours
Étoile hôte
HD 189733 (type K, ~64,5 a.l.)
Découverte
2005, transit
Demi-grand axe
~0,031 UA

Sa couleur bleu profond, déduite de la lumière réfléchie, vient de nuages de silicates ; des vents à ~7 000 km/h y feraient « pleuvoir » du verre latéralement.

TRAPPIST-1 e (système TRAPPIST-1)
Planète tellurique en zone habitable d'un système de 7 mondes terrestres
Type
Tellurique (zone habitable)
Masse
~0,69 M⊕
Rayon
~0,92 R⊕
Période orbitale
~6,10 jours
Étoile hôte
TRAPPIST-1 (naine ultra-froide M, ~40 a.l.)
Découverte
2017, transit
Système
7 planètes telluriques, dont 3 en zone habitable

La plus susceptible d'être rocheuse à densité terrestre du système ; Gillon et al. (2017) ont révélé 7 planètes de taille terrestre autour de cette naine ultra-froide.

LHS 1140 b
Super-Terre dense en zone habitable — candidate monde océan ou « boule de neige »
Type
Super-Terre (zone habitable)
Masse
~5,6 M⊕
Rayon
~1,73 R⊕
Période orbitale
~24,7 jours
Étoile hôte
LHS 1140 (naine rouge M, ~49 a.l.)
Découverte
2017, transit
Demi-grand axe
~0,095 UA

Données JWST récentes écartent le scénario mini-Neptune et suggèrent une super-Terre riche en eau, peut-être océan liquide localisé ou monde gelé, avec possible atmosphère azotée.

GJ 1214 b
Mini-Neptune / monde de vapeur, archétype des sous-Neptunes
Type
Mini-Neptune / sous-Neptune
Masse
~8,2 M⊕
Rayon
~2,7 R⊕
Période orbitale
~1,58 jour
Étoile hôte
GJ 1214 (naine rouge M, ~48 a.l.)
Découverte
2009, transit
Demi-grand axe
~0,015 UA

Longtemps surnommée « monde d'eau » ; les observations JWST suggèrent plutôt une épaisse enveloppe de vapeur riche en métaux (eau, méthane ou CO₂) au-dessus d'un cœur dense.

K2-18 b
Sous-Neptune en zone habitable — candidate planète « hycéenne »
Type
Sous-Neptune (zone habitable)
Masse
~8,6 M⊕
Rayon
~2,6 R⊕
Période orbitale
~32,9 jours
Étoile hôte
K2-18 (naine rouge M, ~124 a.l.)
Découverte
2015, transit
Demi-grand axe
~0,14 UA

Le JWST y a détecté méthane et CO₂ (2023) et un indice débattu de sulfure de diméthyle ; interprétée par certains comme un monde hycéen, hypothèse non confirmée et contestée.

Proxima Centauri b
Exoplanète tellurique la plus proche, en zone habitable de l'étoile la plus proche
Type
Tellurique / super-Terre (zone habitable)
Masse
~1,07 M⊕ (masse minimale, vitesses radiales)
Rayon
~1,0 R⊕ (estimé, non transitant)
Période orbitale
~11,2 jours
Étoile hôte
Proxima Centauri (naine rouge M, ~4,24 a.l.)
Découverte
2016, vitesses radiales
Demi-grand axe
~0,049 UA

Planète connue la plus proche du Système solaire (Anglada-Escudé et al. 2016) ; en zone habitable, mais exposée aux éruptions de son étoile et d'atmosphère encore inconnue.

TOI-700 d
Planète tellurique de taille terrestre en zone habitable (première du TESS)
Type
Tellurique (zone habitable)
Masse
~1,25 M⊕ (estimé)
Rayon
~1,07 R⊕
Période orbitale
~37,4 jours
Étoile hôte
TOI-700 (naine rouge M, ~101 a.l.)
Découverte
2020, transit (TESS)
Demi-grand axe
~0,16 UA

Première planète de taille terrestre en zone habitable trouvée par le satellite TESS ; son étoile peu active la rend prometteuse pour l'étude d'une atmosphère.

TOI-715 b
Super-Terre en zone habitable autour d'une naine rouge proche
Type
Super-Terre (zone habitable)
Rayon
~1,55 R⊕
Masse
~3 M⊕ (estimation ; seule une limite supérieure mesurée)
Période orbitale
~19,3 jours
Étoile hôte
TOI-715 (naine rouge M, ~137 a.l.)
Découverte
2024 (annoncée), transit (TESS)
Demi-grand axe
~0,083 UA

Super-Terre située dans la zone habitable « conservative » de son étoile ; sa proximité en fait une cible privilégiée pour le JWST.

Kepler-186 f
Première planète de taille terrestre confirmée en zone habitable
Type
Tellurique (zone habitable)
Rayon
~1,17 R⊕
Masse
non mesurée (~1,7 M⊕ estimée)
Période orbitale
~129,9 jours
Étoile hôte
Kepler-186 (naine rouge M, ~580 a.l.)
Découverte
2014, transit (Kepler)
Demi-grand axe
~0,43 UA

Première exoplanète de taille terrestre confirmée dans la zone habitable d'une autre étoile (Quintana et al. 2014), jalon de la recherche de mondes potentiellement habitables.

π Mensae c
Super-Terre / sous-Neptune chaude — première découverte du TESS
Type
Super-Terre dense / sous-Neptune
Masse
~3,6 M⊕
Rayon
~2,0 R⊕
Période orbitale
~6,27 jours
Étoile hôte
π Mensae (type G/F, ~60 a.l.)
Découverte
2018, transit (TESS)
Demi-grand axe
~0,068 UA

Toute première exoplanète confirmée par le satellite TESS (2018), dans un système comptant aussi une géante gazeuse sur une orbite très excentrique (π Men b).

Glossaire

Transit
Passage d'une planète devant son étoile : la luminosité baisse brièvement. La profondeur de la baisse donne la taille de la planète.
Vitesses radiales
Mesure du léger « balancement » qu'une planète imprime à son étoile, lu par effet Doppler. Donne la masse minimale de la planète.
Effet Doppler
Décalage de la lumière vers le bleu (objet qui s'approche) ou le rouge (qui s'éloigne) ; base des vitesses radiales.
Imagerie directe
Photographier la planète elle-même en masquant la lumière de l'étoile (coronographe). Réservée aux jeunes géantes éloignées.
Microlentille gravitationnelle
Une étoile passant devant une autre agit comme une loupe ; une planète trahit sa présence par une brève surintensité. Seule méthode pour les planètes vagabondes.
Spectroscopie de transmission
Analyse de la lumière stellaire filtrée par l'atmosphère d'une planète en transit : révèle les molécules présentes.
Éclipse secondaire
Passage de la planète derrière son étoile ; en soustrayant l'étoile seule, on isole la lumière émise par la planète (sa chaleur).
Courbe de phase
Variation de luminosité au fil de l'orbite, qui révèle le contraste jour/nuit et la « météo » d'un monde.
Zone habitable
Région autour d'une étoile où l'eau peut rester liquide en surface — ni trop chaud, ni trop froid. N'implique ni vie ni eau.
Biosignature
Indice de vie lisible à distance, typiquement un déséquilibre chimique (O₂ + CH₄). Jamais une preuve à elle seule.
Effet de serre
Réchauffement dû aux gaz (CO₂, H₂O, CH₄) qui piègent la chaleur. Sans lui, la Terre serait à ≈ −18 °C au lieu de +15 °C.
Albédo
Fraction de lumière qu'un corps renvoie. Un albédo élevé (nuages, glace) refroidit la surface.
Métallicité
Proportion d'éléments plus lourds que l'hydrogène et l'hélium. Une atmosphère « métallique » est riche en CO₂, eau, etc.
Photoévaporation
Érosion de l'enveloppe de gaz d'une petite planète par le rayonnement de l'étoile ; explique le « creux » de la distribution des rayons.
Radius valley
Déficit de planètes entre 1,5 et 2,0 rayons terrestres, séparant super-Terres rocheuses et sous-Neptunes gazeuses (Fulton, 2017).
Naine rouge (naine M)
Étoile plus petite et froide que le Soleil, et bien plus nombreuse. TRAPPIST-1 et Proxima en sont. Souvent éruptive.
Jupiter chaud
Géante gazeuse en orbite très serrée (quelques jours), brûlante. Le premier type d'exoplanète découvert (51 Peg b).
Super-Terre / mini-Neptune
Planètes de 1–2 (super-Terres) et 2–4 (mini-Neptunes ou « sous-Neptunes ») rayons terrestres — absentes du Système solaire.
Monde Hycean
Hypothèse d'un océan global sous une atmosphère d'hydrogène (ex. K2-18 b). Statut non démontré.
Migration planétaire
Déplacement d'une planète à travers le disque où elle s'est formée ; explique les Jupiters chauds collés à leur étoile.
Point de Lagrange (L2)
Point d'équilibre gravitationnel à 1,5 million de km de la Terre, à l'opposé du Soleil. Poste du JWST, de Gaia, du futur PLATO.
Unité astronomique (UA)
Distance Terre-Soleil, ≈ 150 millions de km. Sert d'étalon pour les distances dans un système planétaire.
Année-lumière
Distance parcourue par la lumière en un an, ≈ 9 460 milliards de km. Proxima b est à 4,24 années-lumière.
R⊕ / M⊕
Rayon et masse de la Terre, pris comme unités pour les planètes telluriques (R_Jup et M_Jup pour les géantes).
TOI / candidate
« TESS Object of Interest » : une planète candidate repérée par TESS, à confirmer avant de compter parmi les exoplanètes établies.

L'appareil critique

Les sources du dossier

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Provoxys appuie son cours sur les sources institutionnelles et la littérature à comité de lecture. Toutes les données chiffrées, dates de lancement, performances instrumentales et découvertes ont été croisées et vérifiées — par lui d'abord, puis par l'Empire contre Intox.

Sources institutionnelles

  • NASA Science — pages Hubble, Spitzer, Kepler, TESS, JWST & NASA Exoplanet Archive (données juin 2026).
  • ESA & ESO — VLT, ESPRESSO, SPHERE, GRAVITY, HARPS, NIRPS ; Venus Express, BepiColombo ; communiqués instruments.
  • JPL — fiches des sondes (Voyager, Juno, Cassini-Huygens, New Horizons, Perseverance, MESSENGER).
  • CNES · Observatoire de Paris / IPSL — géantes de glace, formation des planètes et des petits corps.
  • Météo-France · Université de Bordeaux · Ministère de la Transition écologique — structure de l'atmosphère, lois des gaz, effet de serre.

Articles scientifiques (sélection)

  • Mayor, M. & Queloz, D. (1995). A Jupiter-mass companion to a solar-type star. Nature.
  • Charbonneau, D. et al. (2000). Detection of Planetary Transits Across a Sun-like Star. ApJ.
  • Gillon, M. et al. (2017). Seven temperate terrestrial planets around the nearby ultracool dwarf star TRAPPIST-1. Nature.
  • Pepe, F. et al. (2021). ESPRESSO at VLT — On-sky performance and first results. A&A.
  • Beuzit, J.-L. et al. (2019). SPHERE: the exoplanet imager for the VLT. A&A.
  • JWST Early Release Science (WASP-39 b — détection de SO₂, 2022-2023). Nature.
  • Greene, T. P. et al. (2023). Thermal emission from the TRAPPIST-1 system with JWST. Nature.
  • Cadieux, C. et al. (2024). New mass and radius constraints on the LHS 1140 system. ApJL.
  • Kreidberg, L. et al. (2014). Clouds in the atmosphere of the super-Earth GJ 1214 b. Nature.
L'appareil critique du collectif

Chaque chiffre de ce dossier a été recoupé par l'Empire contre Intox — dates de découverte, performances des instruments, classification des mondes. Les corrections et nuances sont signalées au fil des chapitres (encadrés « anti-intox ») et centralisées, avec leurs DOI vérifiés, dans le dossier Les Sources →.

Le réel est déjà vertigineux : plus de 6 000 mondes, et chacun une histoire de gaz, de lumière et de gravité.

Ce dossier rassemble en un seul fil tous les documents que Provoxys a consacrés aux exoplanètes : la physique des atmosphères, les instruments qui les sondent, la spectroscopie qui les lit, et le bestiaire des mondes — géantes de glace, Jupiters chauds, super-Terres, mondes Hycean, planètes vagabondes. Tout son contenu est conservé, ses « visuels 3D » compris ; l'Empire contre Intox y a ajouté la vérification des chiffres et la traçabilité des sources. Car face à l'immensité, la meilleure réponse n'est pas le mythe : c'est la mesure.